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Quelle matière choisir pour le mors de mon cheval ?

La matière des mors a peu varié au cours du temps. Jusqu’au début du XXe siècle, le métal employé était principalement le fer forgé. En revanche, il existait d’innombrables modèles qui ne figurent aujourd’hui que chez quelques collectionneurs, ou dans les encyclopédies telle que celle de Diderot. Au XVIIe des artisans hautement spécialisés fabriquaient des mors aux mesures du cheval, et en fonction de ses caractéristiques personnelles. C’étaient le plus souvent de véritables instruments de torture aux branches interminables, que beaucoup de théoriciens de l’époque déploraient. Cela dit la science équestre était très développée, et on raconte que le Chevalier de la Bigne avait parié qu’il pourrait traverser la place d’armes du château de Versailles en ligne droite, en une heure de temps, et sans quitter le galop. Monté sur son cheval "Campeador", embouché d’un ruban de soie! Et il gagna son pari ! Mais il avait dit-on des jambes de fer et une main de velours.
Si l’on veut résumer la situation, on peut dire qu’autrefois, il existait pour fabriquer les mors une foule de modèles et peu de matières, et aujourd’hui, peu de modèles et une foule de matières !
La surenchère n’a donc pas cessé. Mais il faut bien comprendre une chose : jusqu’à preuve du contraire, le mors reste le principal moyen pour communiquer ses désirs, voire sa volonté au cheval. Le but étant non de monter en pression, mais au contraire d’obtenir l’obéissance dans la douceur, et même dans le plaisir réciproque.
Tout concourt donc aujourd’hui à adoucir les formes, à prendre en compte l’anatomie de la bouche du cheval, et à créer des produits dans des matières de nature à faciliter la décontraction. D’autre part, et ce n’est pas un aspect négligeable de la question, on sait que certains métaux et notamment des aciers de récupération, même si leur aspect extérieur semble tout à fait acceptable, sont susceptibles de libérer dans la bouche du cheval des substances très nocives.
Il n’est donc pas à notre sens, anodin, de passer rapidement en revue les matières utilisées pour « emboucher » nos chevaux.

Le mors en acier ordinaire

Jusque dans les années 90 les mors étaient fabriqués dans un acier ordinaire, trempés ensuite dans des bains de matière protectrice. En effet, dès qu’un métal se trouve en présence d’oxygène, son oxydation commence instantanément. C’est un phénomène naturel, les métaux existant dans la nature sous forme d’oxyde. La corrosion n’est en fait qu’un retour à l’état d’oxyde naturel.
Il convenait donc de ralentir ce processus en protégeant l’acier au moyen de matières s’oxydant plus lentement en n’étant -apparemment- pas trop vulnérantes pour le cheval.
Les matières utilisées étaient principalement le chrome, le nickel ou le cadmium, en de nombreuses variantes. L’or aurait pu être envisagé avec fruit, mais les expériences sont restées très …limitées.
Donc  la couche protectrice très fine de chrome, nickel ou autre, finissait par s’oxyder ou s’écailler, laissant apparaître la rouille sur le noyau, qui en elle même ne semble pas nocive, mais avec des risques de blesser la bouche sensible du cheval.

Le mors en acier inoxydable (inox)

L'acier inoxydable, aussi dénommé acier inox ou inox, est un alliage additionné d’environ 1% de carbone et 10 % de chrome, dont la propriété est d’être peu sensible à la corrosion. C’est la présence de chrome qui confère à l’acier, en se dégradant en surface sous forme d’oxyde de chrome qui rend l’ »inox » inaltérable. D’ou ce contact légèrement « savonneux » des mors en inox. Le problème est que les aciers inox industriels comportent d’autres composants tels que le nickel, le molybdène ou le titane, destinés a améliorer les qualités mécaniques de l’alliage. Et souvent du vanadium, du tungstène…
Autant dire que l’acier inox, si pratique, ne contient pas forcément uniquement des substances de nature à améliorer la santé de nos chevaux…
C’est néanmoins une des matières les plus répandues, les mors acier inox « haut de gamme » utilisant un inox 18 au chrome, et des moules à la cire perdue. Les plus ordinaires sont fabriqués dans des moules au sables qui laissent apparaître des défauts de surface.

Le mors en caoutchouc

Le caoutchouc est une variante destinée à adoucir le contact du mors. Le modèle deux anneaux  brisé  ainsi que le mors à olive brisé est particulièrement adapté au débourrage des jeunes chevaux.
Certains chevaux cependant ne semblent guère apprécier le gout du caoutchouc.
Il faut veiller à ce que le caoutchouc ne soit pas mâchonné excessivement, et ne devienne le siège de nombreux déchets alimentaires et des nids de bactéries pathogènes.

Le mors en résine

Les mors en résine sont par définition plus doux que les mors acier. Certaines résines sont même parfumée à la pomme par exemple !
Il convient néanmoins de noter que les résines Nathe, plus chères, plus souples et en même temps plus solides, sont les mieux acceptées.
Certaines sont difficiles à trouver, tel le mors deux anneaux brisé avec rouleau central. Un des meilleurs mors, à tester absolument si vos moyens vous le permettent.

Le mors gainé cuir

Autrefois fabriqué à la main par de rares selliers, et particulièrement apprécié par les cavaliers professionnels, le mors gainé de cuir est un must qui se décline aujourd’hui dans une gamme de mors, désormais accessible en terme de prix.
Il convient parfaitement aux poulains au débourrage, ou aux chevaux qui supportent mal le contact de l’acier. 

Le mors en cuivre

L’association de deux métaux, acier et cuivre, soit sous forme d’olive, soit sous forme de rouleaux, a la caractéristique de créer un effet électrolytique, qui favorise la salivation du cheval. Ils ne sont de ce fait pas autorisés dans certaines disciplines comme le dressage. Par contre les mors massifs en maillechort, et en aurigan sont autorisés.

Le mors en maillechort

Le maillechort est un alliage de cuivre d'aspect argenté. Le maillechort est aussi appelé argentan ou alpaca. Il fut mis au point par deux ouvriers lyonnais, Maillet et Chorier en 1819, d’ou son nom.
Cependant cet alliage existait déjà en Chine et fut imité en Allemagne. Les anglo-saxons lui donnent le nom de "german silver".
Le maillechort est un alliage qui fut longtemps le seul utilisé pour les mors haut de gamme, Il possède une bonne usinabilité et soudabilité. Il est excellent pour le travail à froid. Il est utilisé pour les instruments d’optique, et les instruments de musique de la famille des cuivres et des bois notamment la plupart des flutes traversières qui sont en maillechort argenté.
Proportions de l'alliage : Cu 45 à 65%, Ni 10 à 25% et Zn 20 à 25%
Le pourcentage élevé de cuivre contenu dans cet alliage facilite la décontraction du cheval. Les mors massifs sont admis en épreuve de dressage.

Le mors en aurigan

L’aurigan est un alliage qui a été créé spécialement par une grande firme allemande, Sprenger, en vue de la création de mors particulièrement décontractants, et induisant un niveau de salivation élevée.
Outre les qualités de l’alliage, la construction de ces mors a fait l’objet d’études poussées sur la morphologie de la bouche des chevaux, qui tendent à démontrer que l’espace disponible dans la bouche est plus réduit que l’on ne croyait auparavant. Le but recherché étant de donner une sensibilité incomparable aux aides du cavalier. (Université Vétérinaire de Hanovre)
L’alliage aurigan comporte 85% de cuivre, 4% de silicium, et 11% de zinc, et possède des propriétés oxydantes élevées, favorisant la salivation.

Le mors en Sensogan

Le Sensogan est une toute nouvelle matière développée par un important fabricant allemand. Il entre dans sa composition du cuivre bien entendu, mais en pourcentage plus faible, du manganèse, et du zinc. Ceci donne au métal une couleur plus proche de l’or blanc, moins cuivré que l’aurigan, et d’une esthétique magnifique.
En l’occurrence, c’est le manganèse qui fait la différence. Les tests montrent un niveau de satisfaction et de motivation du cheval nettement supérieur avec le Sensogan. D’autre part le manganèse est un important micro nutriment. C’est un activateur d’enzymes, qui améliore le métabolisme du cheval, et sa construction tissulaire. Il peut d’autre part réduire les réactions allergiques de la peau. Le manganèse est d’ailleurs reconnu aujourd’hui comme un des éléments importants dans l’industrie des aliments pour chevaux de sport.
Les mors en Sensogan Sprenger sont testés avec succès par l’Ecole Allemande d’Equitation de Warendorf, en liaison avec l’Université Vétérinaire de Hanovre.
Il n’est pas exclu que cette nouvelle matière ne devienne rapidement un must dans l’équitation de haut niveau.
La gamme de mors produite par Sprenger dans cette nouvelle matière est déjà suffisamment importante pour que chacun puisse trouver son bonheur.

Le mors en cyprium

Il s’agit d’un alliage composé de 86 à 90% de cuivre, 8 à 12% d’aluminium, 2% de fer. Le fabricant assure que cet alliage ne contient ni nickel ni zinc. Cela semble indiquer que la présence de ces métaux dans les alliages destiné à la fabrication de mors pour les chevaux, n’est pas recommandée…Mais d'autres semblent penser le contraire.
Le cyprium par ses qualités d’oxydation de surface, et la grande proportion de cuivre qu’il contient, fait partie des matériaux très intéressants pour décontracter la bouche du cheval.

Le mors en titane

Le titane, nouveau venu dans le domaine de l’équitation, est utilisé notamment pour les prothèses osseuses en raison de sa légèreté (masse volumique : 60% de celle de l’acier), de sa température naturellement stable et de sa remarquable résistance à l’oxydation. D’autre part, le mors en titane possède des propriétés destructrices contre de nombreuses bactéries ; staphylocoques, streptocoques, bacille du charbon, légionnelle, etc.
Le titane est probablement une matière d’avenir pour les mors chevaux. Seul inconvénient, son prix…
Il existe déjà une gamme étendue de mors en titane, très appréciée des cavaliers.

Conclusion :

Ce rapide tour d’horizon des matériaux utilisés pour la fabrication des mors s’il permet de se faire une idée du marché actuel, n’a pas la prétention d’être exhaustif.
De nouveaux alliages certes très intéressants, ou de nouvelles applications de métaux rares, apparaissent régulièrement. Le titane en fait partie. Il convient cependant de reconnaitre qu’un cheval en équilibre, qui accepte bien son mors, quel que soit le matériau utilisé, est de toute évidence le but à rechercher, et que multiplier les expériences n’est pas nécessairement la marque d’un savoir faire substantiel.
Ce qui doit nous guider surtout, c’est le confort du cheval. C’est la direction qu’a prise l’industrie du monde du cheval de ces toutes dernières années. Il ne nous reste qu’à lui faire bon accueil !

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